Additifs

Améliorants (additifs, etc.)

Les additifs alimentaires sont largement utilisés pour stabiliser un produit, le conserver, améliorer sa texture ou lui donner une couleur plus attirante.

Les additifs alimentaires sont des composants spécifiques ajoutés aux aliments pour influencer certains aspects technologiques. Contrairement aux ingrédients tels que le sel, la farine ou le lait, les additifs ne sont pas consommés tels quels, mais sont employés en quantité très réduite. Ils n’ont pas pour objectif de jouer un rôle nutritif, mais assurent au contraire des caractéristiques fondamentales aux produits alimentaires transformés : texture, conservation, saveur, teinte ou réduction de la valeur calorique.

Chaque additif alimentaire doit satisfaire à des critères rigoureux établis par le règlement (CE) 1333/2008.

Pour qu’un additif alimentaire soit autorisé, trois conditions doivent être remplies :

  1. L’élément ne présente aucun danger pour la santé, aux doses recommandées.
  2. L’additif ne doit pas tromper le consommateur, ni dissimuler une qualité médiocre.
  3. Avant d’être approuvé, chaque additif est soumis à une évaluation scientifique rigoureuse par l’EFSA (autorité européenne de sécurité alimentaire) et se voit attribuer un numéro E. Ce numéro simplifie l’identification sur les étiquettes.

Une substance utilisée dans un but nutritionnel, comme une vitamine ou un minéral, n’est toutefois pas considérée comme additif alimentaire. De plus, les substances considérées comme denrées alimentaires et susceptibles d’avoir une fonction technologique, comme le chlorure de sodium, utilisé comme conservateur, ou la betterave, utilisée pour sa couleur, n’entrent pas non plus dans le champ d’application du présent règlement. Si une substance est obtenue par un procédé qui modifie la matière d’origine par exemple, en l’extrayant, en la transformant ou en la purifiant alors elle doit être considérée comme un additif alimentaire au sens du présent règlement. Par exemple, le bêta‑carotène, naturellement présent dans la carotte, peut être extrait de celle-ci puis utilisé comme colorant alimentaire. Une fois isolé et ajouté à une denrée alimentaire, il doit être étiqueté sous le numéro E160a.

Les additifs sont classés en groupe en fonction de leur utilisation. Le tableau ci-dessous montre l’organisation de ces catégories, indique leurs gammes de numéros E, leur rôle dans le produit final et fournit des exemples:

 

Chaque type d’additif joue un rôle spécifique qui répond à une exigence technologique.

Les colorants permettent d’améliorer la perception visuelle du produit. 

Les conservateurs empêchent la prolifération de bactéries pathogènes, notamment dans des produits sensibles tels que les charcuteries.

Les antioxydants empêchent l’oxydation par exemple des graisses, ce qui contribue à prolonger la durée de vie des aliments.

Les agents de texture (émulsifiants et épaississants) améliorent la consistance du produit pour renforcer ses propriétés texturantes.

Les acidifiants augmentent l’acidité du produit.

Les exhausteurs de goût renforcent le goût naturel des aliments.

Les édulcorants permettent l’ajout d’une saveur sucrée au produit tout en limitant l’utilisation de sucre. 

Étiquetage

En ce qui concerne l’étiquetage, les exploitants du secteur alimentaire ont une règlementation à respecter.

En effet, les additifs doivent obligatoirement être inscrits dans la liste des ingrédients. Ils doivent être indiqués avec leur catégorie fonctionnelle et dans l’ordre décroissant de la quantité présente dans le produit. De plus, ils sont facilement repérables de par leur nomenclature atypique. Il y a 2 types d’écriture autorisés actuellement en Europe :

  • Catégorie fonctionnelle + numéro E
  • Catégorie fonctionnelle + nom de l’additif

Certains colorants alimentaires sont concernés par une obligation d’étiquetage spécifique en raison de préoccupation concernant leurs effets potentiels sur le comportement des enfants.

Pour ces colorants l’étiquetage doit comporter la mention « peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants ».

Les colorants concernés sont :

  • E110 (Jaune orangé S)
  • E104 (Jaune de quinoléine)
  • E122 (Carmoisine)
  • E129 (Rouge Allura)
  • E102 (Tartrazine)
  • E124 (Ponceau 4R) 

La réglementation impose un étiquetage clair des additifs alimentaires, permettant au consommateur de faire un choix éclairé. Grâce aux informations présentes sur l’emballage, chacun peut savoir quels additifs sont utilisés. Ainsi chaque individu peut décider en toute connaissance des causes/ conséquences présentées ce qu’il souhaite consommer.

Pour maintenir la confiance entre le citoyen, l’alimentation et la science, il est crucial d’avoir une communication factuelle, nuancée, basées sur des faits scientifiques et claire.

Distinction entre les additifs naturels et artificiels

On entend souvent la distinction entre additifs naturels, qui proviennent soit directement de végétaux, d’animaux ou de minéraux (comme l‘acide citrique ou la gomme arabique) et les additifs synthétiques ou artificiels. A savoir que de nos jours, de nombreux additifs d’origine naturelle sont synthétisés artificiellement en laboratoire. Ces molécules recopiées sont identiques à celles présentes naturellement dans la nature.

Bien que populaire, cette distinction n’a aucun impact règlementaire. Tous les additifs, peu importe leur provenance, sont jugés selon des critères identiques : performance technologique, pureté, stabilité et sécurité. Par conséquent, un ingrédient naturel tel que le carmin, un colorant extrait de cochenilles peut provoquer des allergies chez certaines personnes sensibles, malgré son origine naturelle. A l’inverse un additif synthétique comme le Bleu Brillant FCF, un colorant artificiel synthétisé en laboratoire, est autorisé et sûr. Cette comparaison illustre bien que la naturalité d’un additif ne garantit ni son innocuité, ni sa supériorité, pas plus que le caractère synthétique ne rime avec dangerosité.

Evaluation scientifique

L’intégration d’un additif dans la liste autorisée est soumise à une évaluation scrupuleuse.

Le potentiel toxicologique se base sur les données de l’EFSA (toxicité aigüe, chronique, impacts sur la reproduction etc.). Par la suite, une dose journalière acceptable (DJA), ou Acceptable Daily Intake (ADI) en anglais, est établie. C’est la quantité qu’un consommateur peut consommer chaque jour tout au long de sa vie sans risque pour sa santé. Cette méthode assure que l’additif n’entraîne aucun impact négatif aux doses demandées par le producteur respectif.

Si de nouvelles connaissances émergent, les additifs peuvent être sujets à des réévaluations régulières : pour certains composés la dose journalière admissible a été réduite ou même leur autorisation a été annulée en cas de doute avéré. Par exemple, le dioxyde de titane, d’abord autorisé, a finalement été interdit en 2022 à la suite d’une réévaluation de l’EFSA (plus d’information dans la fiche informative Dioxyde de titane (TiO2) - E 171).

Pour finir, bien que la plupart des additifs ne causent pas d’effets indésirables, quelques cas d’intolérances ou d’hypersensibilité sont signalés : effets digestifs, effets indésirables sur l’activité chez l’enfant. Ces effets demeurent rares, généralement associés à une sensibilité individuelle ou à un abus de consommation.

Législation

L’utilisation des additifs alimentaires est encadrée par la législation européenne afin de garantir la sécurité des aliments. Plusieurs règlements définissent les conditions d’autorisation, les limites d’emploi et les obligations d’étiquetage, assurant ainsi un usage contrôlé et transparent.

Règlement (CE) No 1333/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 sur les additifs alimentaires

Règlement (CE) No 1331/2008 du Parlement Européen et du conseil du conseil du 16 décembre 2008 relatif à la procédure d’autorisation uniforme pour les additifs, les arômes et les enzymes

Règlement (UE) No 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires

Éléments clés

De nos jours, les entreprises alimentaires considèrent les additifs alimentaires comme essentiels pour relever de nombreux défis : la sécurité microbiologique, l’allongement de la durée de conservation et l’amélioration des qualités organoleptiques. L’utilisation de ceux-ci est régulée par un cadre règlementaire, basé sur la science, la précaution et la transparence.

Tous les additifs autorisés ont passé des contrôles stricts, sont révisés périodiquement et font l’objet de surveillance après leur mise sur le marché. Ce n’est pas leur provenance ou appellation qui définit la sécurité, mais plutôt les conditions d’utilisation (quantité, fréquence, cadre alimentaire général).

Afin de garantir la sécurité des additifs alimentaires à long terme, un système de surveillance rigoureux est mis en place par l’Union Européenne. D’un côté, les opérateurs sont responsables de leurs activités, afin de garantir la conformité de leurs produits. De l’autre côté, des organismes publics comme l’Administration Luxembourgeoise Vétérinaire et Alimentaire (« ALVA ») effectuent un contrôle du marché basé sur un planning annuel, visant à assurer le respect des limites maximales autorisées. En cas de dépassement, des mesures sont prises : le retrait du produit est envisagé si le dépassement est avéré, même en l’absence de risque sanitaire immédiat. Si un risque pour le consommateur ne peut être exclu, le produit est également rappelé auprès du consommateur. 

Dernière modification le