FAQ additifs alimentaires

Améliorants (additifs, etc.)

Qu’est-ce qu’un améliorant ?

Un améliorant est une substance ajoutée à un produit non pas pour sa valeur nutritionnelle mais pour sa valeur technologique. Les améliorants sont distingués en 3 catégories :

  • Les additifs, qui sont les plus connus au sein des entreprises alimentaires
  • Les arômes, qui ont pour but d’améliorer l’aspect gustatif du produit
  • Les enzymes, essentielles pour induire certaines réactions nécessaires à l’obtention de certains produits

Qu’est-ce qu’un additif ?

Les additifs alimentaires sont des composants spécifiques ajoutés aux aliments pour influencer certaines caractéristiques de l’aliment, comme la conservation, la saveur, la texture, la teinte ou la réduction de la valeur calorique. Contrairement aux ingrédients tels que le sel, la farine ou le lait, les additifs n’ont pas de valeur nutritive et ne sont pas consommés tels quels. Les additifs sont donc employés en quantité réduite.

Quelles sont les différentes catégories d’additifs ?

Les additifs sont répartis selon différentes catégories en fonction de l’effet technologique qu’ils apportent à la denrée alimentaire. L’ensemble de ces catégories est concis dans le tableau ci-dessous : 

Comment peut-on repérer les additifs sur l’étiquetage ?

Pour repérer les additifs sur l’étiquetage d’un produit alimentaire, il faut consulter la liste des ingrédients figurant le plus souvent au dos de l’emballage. Les additifs doivent y être indiqués de manière obligatoire et divisé en fonction de leur catégorie fonctionnelle (Colorant, conservateur, antioxydant, émulsifiant, exhausteur de goût, …). Cette catégorie fonctionnelle doit être suivie soit du nom de l’additif soit du numéro européen qui lui est associé. Ce numéro européen est constitué de la lettre E + trois chiffres.

Ainsi, on trouverait par exemple une nomenclature comme : « Acidifiant : Acide citrique » ou « Acidifiant : E330 ».

Existe-t-il des spécificités d’étiquetage pour certains additifs ?

Certains additifs sont concernés par une obligation d’étiquetage spécifique en raison de préoccupation concernant leurs effets potentiels sur le comportement des enfants.

Il s’agit de certains colorants alimentaires, pour lesquels l’étiquetage doit comporter la mention « peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants ».

Les colorants concernés sont :

  • E110 (Jaune orangé S)
  • E104 (Jaune de quinoléine)
  • E122 (Carmoisine)
  • E129 (Rouge allura)
  • E102 (Tartrazine)
  • E124 (Ponceau 4R)          

Il est important de préciser qu’en l’absence d’autorisation explicite, de l’utilisation d’un additif dans le règlement (UE) 1333/2008, son utilisation est strictement interdite.

La réglementation prévoit des dispositions particulières strictes pour les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge.

Selon le règlement (UE) n°609/2013, on entend par « enfants en bas âge » les enfants âgés de 1 à 3 ans. Cette catégorie est distincte de celle des nourrissons (moins de 12 mois). Les textes réglementaires ciblent donc spécifiquement ces tranches d’âge en raison de leur sensibilité physiologique.

Dans la législation, ces produits peuvent apparaître dans des catégories clairement identifiées, telles que :

  • Préparations à base de céréales et aliments pour bébés destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge au sens de la directive 2006/125/CE de la Commission Européenne
  • Aliments diététiques destinés à des fins médicales spéciales pour bébés et enfants en bas âge au sens de la directive 1999/21/CE

Par ailleurs, ils existent encore au sein de ces catégories d’autres spécification telles que :

  • Uniquement préparations à base de céréales et aliments pour bébés, pour régulation du pH seulement
  • Uniquement boissons, jus et aliments pour bébés à base de fruits et légumes

Certains additifs peuvent-ils provoquer des allergies ou intolérances ?

Les sulfites sont autorisés comme conservateurs et peuvent entraîner des réactions telles que des éruptions cutanées, de l’urticaire, des maux de tête ou des troubles respiratoires chez les personnes prédisposées à cela. Le cas des sulfites est assez particulier puisqu’ils sont connus pour pouvoir déclencher des réactions allergiques. Ainsi, pour protéger les consommateurs, l’union européenne a intégré les sulfites à la liste des allergènes majeurs à déclaration obligatoire.

Quelle est la différence entre un additif naturel et artificiel ?

On entend souvent la distinction entre additifs naturels, qui proviennent soit directement de végétaux, d’animaux ou de minéraux (comme l‘acide citrique ou la gomme arabique) et les additifs synthétiques ou artificiels, qui sont fabriqués en laboratoire. A savoir que de nos jours, de nombreux additifs d’origine naturelle sont tout de même synthétisé en laboratoire. Ces molécules synthétisées en laboratoire sont recopiées c’est-à-dire qu’elles sont identiques à celles présentes naturellement dans la nature.

Bien que populaire, cette distinction n’a aucun impact règlementaire. Tous les additifs, peu importe leur provenance, sont jugés selon des critères identiques : performance technologique, pureté, stabilité et sécurité. Par conséquent, un ingrédient naturel tel que le carmin, un colorant extrait de cochenilles peut provoquer des allergies chez certaines personnes sensibles, malgré son origine naturelle. A l’inverse une substance naturelle peut aussi être synthétisée industriellement comme la pectine (gélifiant présent dans les pommes). Cette comparaison illustre bien que la naturalité d’un additif ne garantît ni son innocuité, ni sa supériorité, pas plus que le caractère synthétique ne rime avec dangerosité.

Quelle est la différence entre un améliorant et un auxiliaire technologique ?

Un améliorant est une substance ajoutée afin de remplir une fonction technologique dans le produit final. Par exemple, l’additif acide sorbique est utilisé comme conservateur dans de nombreux produits. Autre exemple : Un arôme qui est utilisé pour donner ou modifier l’odeur et/ou le goût d’un aliment.

Un auxiliaire technologique est une substance utilisée pendant la transformation ou la fabrication d’un aliment afin de faciliter un procédé technologique. Cet auxiliaire ne doit plus être présent dans le produit final. N’ayant pas de fonction dans l’aliment fini et n’étant plus présent, il n’est donc pas mentionné sur l’étiquetage. On peut trouver par exemple, Tannin (Klärmittel) für Wein, solvents pour extraire la caféine, l’acide acétique utilisé pour faciliter le lavage de certains aliments tels que les fruits et légumes.

Comment sont évalués les risques liés à la consommation d’additifs ? Qui fixe les seuils maximaux autorisés ?

Les risques liés à la consommation d’additifs sont évalués sur base d’analyses scientifiques approfondies avant même leur autorisation. Après que l’industrie agroalimentaire ait introduit une demande spécifique auprès de la Commission Européenne (CE), l’évaluation est réalisée par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA), en examinant les données disponibles concernant différents paramètres tels que la toxicité.

A partir de ces études toxicologiques, les experts de l’EFSA établissent une dose journalière admissible (DJA) ou Acceptable Daily Intake (ADI) lorsqu’aucune n’a encore été fixée. Ensuite l’EFSA met en relation l’exposition via l’alimentation et autres effets potentiels sur la santé.

Ainsi, à partir de cet avis scientifique émis par l’EFSA, ce sont les Etats Membres, sur base d’une proposition de la Commission Européenne (CE) qui vont décider de l’autorisation de mise sur le marché de l’additif et qui fixe dès lors les teneurs maximales (sauf pour additifs ‘quantum satis’ du groupe I) autorisées pour chaque catégorie d’aliments.

Cette procédure et ces études ont pour but premier d’assurer que l’exposition des consommateurs est telle qu’elle permet de garantir leur sécurité.

Que signifie les termes DJA, NOAEL, quantum satis ?

La DJA (Dose Journalière Admissible, ou l’ADI (Acceptable Daily Intake) correspond à la quantité de substance que peut ingérer le consommateur chaque jour de sa vie sans que cela présente un risque pour sa santé. Elle est généralement exprimée en mg par kilogramme de poids corporel par jour.

La NOAEL (No Observed Adverse Effect Level) correspond à la dose la plus élevée d’une substance sans qu’aucun effet néfaste ne soit observable. Cette quantité est déterminée à partir d’études toxicologiques et sert de base pour déterminer la DJA.

Certains additifs ne possèdent pas de DJA car ils sont sans risque et sont donc autorisés en quantum satis. Cela signifie que l’on peut ajouter l’additif sans limite chiffrée à condition qu’il soit ajouté dans la quantité minimale nécessaire pour obtenir l’effet technologique souhaité.

Comment savoir à quelle catégorie de denrées alimentaires appartient un aliment ?

Les catégories d’aliment sont définies dans le système de classification des denrées alimentaires figurant dans la législation européenne à l’annexe II partie D du règlement CE 1333/2008. Ce système classifie les aliments en différentes catégories afin de permettre la distinction des additifs autorisés et des quantités autorisées en fonction de la catégorie.

Document d’orientation décrivant les catégories de denrées alimentaires figurant à la partie E de l’annexe II du règlement (CE) n° 1333/2008 relatif aux additifs alimentaires (EN) | Commission européenne (Pdf) (Pdf)

Comment savoir quelles sont les doses maximales autorisées pour chaque additif ?

Afin de savoir quelles sont les teneurs maximales autorisées, il est nécessaire de consulter le règlement 1333/2008. L’annexe II partie E indique pour chaque catégorie d’aliment les additifs autorisés et les conditions d’utilisation. Le site de la Commission Européenne a mis en place une base donnée qui récapitule cette annexe II. Cette base de données est mise à disposition et présenté sous différentes formes, l’une d’elle permet de trouver facilement pour un additif donné les différentes informations, l’autre indique pour chaque catégorie d’aliments, les différents additifs autorisés.

La législation sur les additifs est-elle applicable à l’ensemble de la chaîne alimentaire ?

La législation européenne sur les additifs encadre principalement des étapes telles que la production, la transformation, la distribution afin de garantir un niveau élevé de protection de la santé des consommateurs.

Plus généralement, ce règlement s’applique donc à l’ensemble de la chaîne alimentaire mais uniquement pour les denrées alimentaires destinées à la consommation humaine.

Ainsi, les additifs de tous les produits intermédiaires intervenant dans la fabrication d’un produit fini disponible à la vente, y compris un épaississant dans un ingrédient par exemple, sont soumis à la législation sur les additifs.

Quelles substances ne sont pas des additifs ?

Toute substance « chimique » présente dans un aliment n’est pas considéré comme un additif

Plusieurs substances ou ingrédients ne sont pas des additifs tels que :

  • Les auxiliaires technologiques
  • Les nutriments tels que vitamine, minéraux etc
  • Des ingrédients qui peuvent colorer le produit comme le jus de betterave, les épices (curry, safran, paprika) et les herbes séchées
  • Les Nouveaux Aliments (Novel Food, aliments ou ingrédients n’ayant pas été consommé (traditionnellement) dans l’Union Européenne avant le 15 mai 1997
  • Les résidus de pesticides tels que les fongicides, insecticides, …qui peuvent être présents en trace dans les denrées alimentaires mais qui résultent de l'utilisation autorisée d'un produit phytopharmaceutique.
  • Les contaminants tels que les métaux lourds, mycotoxines, acrylamide, PCBs, PFAS qui sont des contaminants des denrées alimentaires naturellement présents ou résultant de la pollution ou d’un procédé de transformation.

Le dioxyde de titane (E171) est-il autorisé au sein de l’UE ?

Après une réévaluation scientifique de la sécurité de cet additif par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA), des incertitudes ont été soulevées. Un risque possible de génotoxicité n’a pas pu être exclu. Par conséquent, la Commission Européenne a décidé de retirer son autorisation d’utilisation de cet additif dans les denrées alimentaires.

Depuis août 2022, l’utilisation du E171 dans les denrées alimentaires est interdite dans l’Union Européenne. Les produits qui en contenaient ont dû être reformulé ou retirés du marché.

Comment puis-je faire des choix éclairés concernant les additifs alimentaires ?

Tous les aliments commercialisés dans l'Union européenne doivent respecter une réglementation stricte visant à garantir un niveau élevé de protection de la santé des consommateurs. Les additifs alimentaires autorisés font l'objet d'une évaluation de sécurité avant leur utilisation.

Les consommateurs restent toutefois libres de choisir les produits qu'ils souhaitent acheter et consommer. Grâce à la transparence de l'étiquetage, les additifs présents dans les denrées préemballées sont clairement indiqués dans la liste des ingrédients. Cette information permet à chacun de faire des choix éclairés en fonction de ses préférences personnelles, de ses convictions, de son mode de vie ou de préoccupations particulières liées à sa santé.

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